Chatla, la petite fille maya (chapitre 4)

Comparaisons des visions avec la réalité

 

Quand je suis parti pour le Mexique pour la première fois, en 1993, j’avais réalisé une régression particulière pour cette occasion, et ce, quelques jours avant mon départ. Le but était de ramener à la surface de nouvelles informations, dans le but de les vérifier sur place. Par la même, je voulais valider, ou pas, si un rapprochement était possible entre ce que j’avais vu lors de ces expériences et la réalité brute, objective, du terrain.

A mon retour en France, j’ai commencé à compiler des documents pour vérifier si ce que j’avais vu en vision collait avec les renseignements que nous en avions. Ce travail allait s’avérer compliqué, car je me suis rendu compte que peu de documents avaient survécu au temps, principalement à cause des tyrans espagnols, et leur conquête absurde, qui allaient ruiner à tout jamais le peuple maya. Pourtant, je voulais à tout prix obtenir des informations directes, et capitales, sur la société maya, et en particulier sur les habitants de cette ville. De l’autodafé général des conquistadores, et de toutes les provinces attaquées, seuls quelques codex ont été préservés de cette folle destruction. En effet, assoiffés d’or et menant de front une opération d’évangélisation à la religion chrétienne, ils ont anéanti la civilisation qu’ils ont découverte, ne laissant presque rien sur leur passage. En fait, c’est davantage par les traditions orales des tribus mayas rescapés, ayant échappés autant à l’envahisseur qu’aux maladies apportées du vieux continent, que l’on doit ces maigres renseignements, si précieux maintenant. Mais les plus beaux enseignements restent les derniers mayas actuels. En les voyant, cela permet d’imaginer la vie quotidienne de leurs ancêtres au temps du vaste empire. Cela sera-t-il suffisant pour tenter de répondre à mes multiples questions ?

Chichén Itzá signifie en yucatèque « cénote des bas » ou plus habituellement « bord du puits des Itzás ». Dans le langage maya, Chi veut dire « bouche », Chén veut dire « puits » et Itza est le nom du peuple qui fonde la ville. Le nom de la cité est donc inextricablement lié à son puits sacré, objets de nombreux sacrifices.

Chichén Itza se trouve au nord de la province de Yucatán, à mi-chemin entre Mérida, à l’ouest, et la cité balnéaire de Cancún, à l’extrême est. Cette métropole a toujours été l’un des grands centres religieux et culturel de toute la péninsule. On ne sait pas depuis combien de temps Chichen Itza a été édifiée ; cela reste une énigme. Ce qui semble certain, c’est qu’avant les Mayas, les Toltèques et les Olmèques y ont séjourné. Le peuple toltèque des Itzas, à qui l’on doit le nom actuel du site, est venu envahir la zone de manière musclée, encore une fois à une date non connue précisément. Ils apportèrent de nouvelles conceptions religieuses, sociales et artistiques, mais aussi les sacrifices humains et donnèrent de l’importance aux guerriers. Mais ce dont on est certain, ce que le site fut abandonné à la fin du Xème siècle.

~ La vie sociale dans la cité

Chaque cité de l’empire maya est basée sur une économie structurée. L’organisation sociale est bien établie et fonctionnelle. La composition familiale présente un type patrilinéaire, et le travail est réparti par secteurs d’activité. Il faut savoir que les agriculteurs constituent la plus grande partie de la population. Quant à l’élite, elle se répartit de la manière suivante : les castres des prêtres, des administrateurs et enfin, des dirigeants. La plupart des hommes sont enrôlés dans l’armée, et les mayas étaient réputés être des guerriers redoutables. Des maigres éléments qu’on a à disposition, on peut dire que l’élite et le peuple semblent vivre ensemble et en harmonie, car des liens de parenté unissent les uns et les autres. De fait, les différentes classes sont moins tranchées qu’à l’heure actuelle, et les écarts moins prononcés, et de fait, plus harmonieux.

La société maya est divisée en classes : nobles, religieux, militaires, artisans, commerçants, paysans (la majorité) et l’équivalent des serfs. Elle est dirigée par des chefs héréditaires, de filiation patrilinéaire, qui délèguent leur autorité sur les communautés villageoises à des chefs locaux. La terre, propriété de chaque village, est distribuée en parcelles aux différentes familles.

Les prêtres cumulent différentes spécialités : ils sont à la fois des hommes religieux, des savants (ils peuvent être astronomes, mathématiciens…) et devins. Les Mayas ont inventé le zéro, mais les ouvrages mentionnent qu’ils ne semblent pas qu’ils aient connu la roue. Pourtant, des fouilles archéologiques ont permis de retrouver des jouets en bois articulés, composés de véritables roues, qui rendaient l’objet opérationnel. De plus, des routes ont été aménagées, il en existe une par exemple entre les cités de Chichen-Itza et de Coba, plus au sud. Je suppose que bien des connaissances, acquises fort longtemps, ont dû être perdues à un moment donné de l’histoire, avant l’arrivée des Espagnols.

L’organisation urbaine se compose évidemment d’habitations, essentiellement dispersées à la périphérie du centre cérémoniel. Elles sont pour la plupart construites en matériaux périssables. Pa contre, à l’intérieur de l’enceinte sacrée, les bâtiments sont structurels, des édifices majestueux. Pourtant, il existe aussi des petites concentrations d’habitats, faites presque totalement en dur cette fois. Elles appartiennent aux familles des prêtres, et ceux travaillant en permanence pour le bon fonctionnement de la cité intérieure. Enfin, c’est au cœur mêmes des cités que se trouve des édifices prestigieux, construits en pierre, où réside l’élite.

L’économie maya repose principalement sur l’agriculture (on cultive maïs, coton, haricots, courge, manioc, piment, arbres fruitiers, cacao). D’ailleurs, le terme maya lui-même désigne « ceux qui cultivent le maïs ». Les techniques de filature, de teinture et de tissage du coton sont extrêmement perfectionnées. Les Mayas ont domestiqué un animal, le chien, élèvent des dindons et pratiquent l’apiculture. Par contre, ils ne possèdent pas d’animaux de trait et les véhicules à roues qui pouvaient les accompagner. Dernière précision : les outils en métal n’ont pas été réalisés.

Les différentes cités mayas entretiennent de nombreuses relations commerciales entre elles, mais aussi avec des cités plus lointaines. Les fèves de cacao et les clochettes en cuivre servent généralement de monnaie d’échange : le cuivre est également utilisé à des fins décoratives, comme l’or, l’argent, le jade, les coquillages et les plumes – sacrées – de l’oiseau du quetzal.

Les inscriptions mayas de la période classique parlent beaucoup des familles qui ont régné, les guerres remportées, etc. On apprend que les femmes — mères ou épouses de rois — jouaient un rôle important au plus haut niveau. Tout comme dans un très grand nombre d’anciennes civilisations, la polygamie était fréquente chez les nobles. Mais le petit peuple était fidèle au principe simple de la monogamie.

(…) l’activité agricole a toujours été la principale ressource économique des Mésoaméricains, avec la pêche et la chasse. Inconnu en Europe jusqu’à la Conquête, le maïs était l’aliment de base du Nouveau Monde.

On mangeait les épis bouillis ou rôtis tandis que la farine servait à la préparation de plats courants comme les tortillas et les tamalli (ces plats sont encore connus de nos jours, par les Mayas actuels, mais aussi par la société mexicaine). On cultivait également la tomate, tomatl en nahuatl, de nombreuses espèces de haricots, la pomme de terre, la calebasse, le piment, l’ananas et l’avocat. La plupart de ces produits ont été connus des Européens après la conquête espagnole.

Il existait aussi une délicieuse boisson que les Aztèques appelaient xocolatl et qu’ils consommaient, comme les Mayas et les autres Mésoaméricains, froide, sans sucre et aromatisée à la vanille et au miel. Son goût était fort apprécié.

Parmi les cultures les plus répandues, il faut aussi citer le coton — employé dans le textile —et l’agave (ixtle) dont on utilisait la fibre. Les fruits et les légumes étaient très abondants, en revanche, les Mésoaméricains n’élevaient pas beaucoup d’animaux. Les seules espèces domestiquées étaient le dindon et le chien. Le chien avait d’ailleurs son Dieu, tout comme l’Anubis égyptien.

La principale source de protéines animales était donc la chasse et la pêche, les forêts denses et la mer des Caraïbes foisonnaient de tout ce qu’ils pouvaient attendre.

Il ne faut pas oublier également que les Mésoaméricains pratiquaient l’apiculture. Le miel était utilisé dans les plats cuisinés, ou aussi pour sucrer les boissons ou les liqueurs.

Tout comme les chamanes actuels, les Mayas connaissaient les plantes mieux que nous, et plus étrange, en connaissaient parfaitement les bienfaits. Ils soignaient les maladies, utilisaient des hallucinogènes pour entrer en contact avec les Mondes Invisibles. Ils avaient également une parfaite maîtrise et étaient en osmose totale avec la Nature, qu’ils savaient écouter. (Extrait pris dans « Maya, palais et pyramides de la forêt vierge », Editions Taschen).

 

~ La vie quotidienne autour de la maisonnée

Lors de la première régression effectuée en 1991, j’ai eu à loisir d’examiner l’intérieur de la maison où ont vécu la fillette et ses parents. J’ai remarqué que l’endroit présentait un aspect précaire : je n’ai aperçu qu’une seule pièce, une table, faite en bois, et deux bancs de même matière. Malheureusement, lors de la vision initiale, je n’ai pu tourner sur moi-même (sur 360°), pour contempler le lieu dans son intégralité. D’après mes déductions, qui valent ce qu’elles valent, je n’ai pas ressenti d’autres pièces. Pour rappel, lors de la vision, j’avais indiqué que les murs étaient faits de deux matières différentes : en dur et pierreux au premier tiers de sa hauteur, puis ce qui m’a semblé être de la boue séchée.

Dans la deuxième régression, deux ans plus tard, j’affirme à nouveau que la maison possède un soubassement de pierres, et je confirme que la toiture est faite d’éléments périssables. J’écrivais ceci : « la maison est délimitée par des arbustes, qui doivent sûrement délimiter les différentes maisons. (…). La maison (…) est de forme rectangulaire. Les murs sont en pierre, dans leurs premières hauteurs, mais le toit est fait de substances naturelles, sortes de feuilles tressées ».

C’est en parcourant le livre « Maya, palais et pyramides de la forêt vierge », aux Editions Taschen, que je suis tombé sur ce passage, qui confirmait mes informations psychiques :

Les fouilles ont révélé la présence de nombreuses constructions « en dur », généralement regroupées autour de vastes cours ; il s’agissait certainement de résidences destinées aux dignitaires et à l’aristocratie. En revanche, on n’a pas trouvé la moindre trace des maisons où vivait le peuple. Mais cela est compréhensible, puisqu’elles étaient construites en matériaux périssables. On en a quand même quelques illustrations, et nous retrouvons par ailleurs les mêmes habitations, utilisées depuis toujours par les descendants mayas actuels.

Dans certaines maisons, mais pas dans toutes, il y avait un foyer pour cuire les repas et chauffer la pièce à la saison froide, ainsi que de la vaisselle, des outils, un métier à tisser et le metate, un plan de travail en pierre volcanique sur lequel on broyait le maïs. Généralement, il n’y avait pas de fenêtres, donc la lumière et l’air pénétraient par l’entrée dont la porte était remplacée par une natte légère. Le toit était constitué d’une sorte de charpente en bois recouverte d’une couche de boue.

L’événement le plus intriguant a eu lieu lorsque je me suis rendu sur place pour la première fois, en avril 1993. Sur place, il ne m’a pas fallu bien longtemps pour retrouver la maisonnée que j’avais décrite en hypnose ! Ce moment a été intense, si particulier, et à vrai dire, réellement savoureux. Je n’en croyais pas mes yeux. Elle se situait à l’endroit exact où je l’avais décrit, c’est-à-dire au bord de ce petit chemin, en retrait du centre religieux. C’est un lieu où aucun touriste ne va, car les ruines se trouvent à l’écart de l’enceinte principale. Je m’en souviens comme si c’était hier : il n’y avait personne. Au moment où j’ai aperçu les soubassements de la maison, je me suis approché, apercevant alors un archéologue, occupé à faire des fouilles archéologiques sur ce bâtiment. J’avoue que cela m’a beaucoup surpris, car je ne m’attendais pas vraiment à retrouver cette maison. Je me suis approché, et j’en ai profité pour observer le soubassement de la maison, maintenant ruinées, et des blocs de pierre constituant les murs de la maison. Personnellement, cette scène m’a beaucoup troublé, parce que j’étais là, revoyant réellement une scène vue en régression, comme en surimpression !

C’est dans ma régression réalisée en 2001 que je note les éléments suivants, qui se sont superposés à ma vision elle-même. « Il y a plusieurs habitations sur ce lieu, là où on habite, et elles sont toutes collées les unes aux autres, et on a des petits jardins séparés par des haies (…) on doit prendre le sentier qui va à gauche et c’est la deuxième maison (…) en1993, j’avais vu un archéologue qui est en train de faire des fouilles dans la première maison… et là en fait, Chatla m’a fait voir que c’est plutôt la deuxième maison. »

En faisant à nouveau des recherches, voilà ce que j’ai pu trouver sur la question qui nous intéresse. Je dois ces informations à l’imposant ouvrage « Le Mexique Ancien ». En voici un extrait :

« Le culte du cénote sacré survécut jusqu’au quinzième siècle et des habitants isolés s’installèrent tant bien que mal dans les ruines des édifices luxueux. (…). La ville de Chichen-Itza produit une impression inhabituelle. Elle est entourée par un mur de plusieurs kilomètres de long, percé d’une série de portes étroites et qui enserre non seulement la petite zone cérémonielle, mais aussi le quartier résidentiel étendu qui compte près de 3 500 habitations. Celles-ci s’ordonnent à la façon de petites fermes séparées l’une de l’autre par des murs en pierre. Les demeures les plus luxueuses, habitées peut-être par des nobles, avaient un portique et des murs de maçonnerie, un toit en matériau périssable et des banquettes en pierre placées à l’intérieur, sur le mur du fond. »

Dans cet extrait, il est déclaré que les habitations des nobles s’inscrivent à l’extérieur de l’enceinte du centre religieux, bien qu’à proximité immédiate du cœur même de Chichen-Itza. Or, sur place, j’ai suivi le petit chemin – toujours existant – aperçu en régression, que j’ai emprunté pour retrouver la maison contemplée dans les visions.

Dans le livre « Maya, palais et pyramides de la forêt vierge », aux Editions Taschen, il est indiqué que dans les habitations yucatèques, on trouve :

En particulier les bas-reliefs qui décoraient les côtés de l’arche de Labnà et (qui) représentaient une maison stylisée. Par ailleurs, une fresque de Chichén Itzà montre une hutte de plan circulaire, dont le style est probablement local. Chez les Aztèques, les classes moyennes se faisaient faire des maisons en adobe — des briques de boue séchée au soleil —, ou en adobe mélangé à de la pierre. Comme on le sait, les Aztèques ont établi leur capitale au bord d’un lac, aussi les édifices étaient-ils posés sur des plates-formes en dur qui les isolaient de l’humidité. Les demeures aztèques étaient quadrangulaires, avec des murs souvent blancs ou habillés de couleurs vives. En nombre variable, selon le niveau social des occupants, les pièces donnaient sur un vaste patio où l’on recueillait l’eau de pluie ; on y élevait également des chiens et des dindes et on y faisait pousser des fleurs. Elles possédaient généralement une ou plusieurs chambres à coucher pour toute la famille, un minuscule sanctuaire, une pièce pour le bain, et une cuisine avec le foyer. Dans les logements plus modestes, il n’y avait qu’une pièce où l’on faisait tout, et le foyer se trouvait dans la cour, protégé par un auvent. L’endroit le plus soigné de toute la maison était la petite chapelle familiale où l’on vénérait les idoles des ancêtres. L’habitude des bains de vapeur était une particularité. (Extraits pris dans Maya, palais et pyramides de la forêt vierge, page 88, Editions Taschen).

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Figure 4 : dessin d’artiste reconstituant une partie du site de Chichen Itza.© Maya, palais et pyramides de la forêt vierge, Editions Taschen

 

Chaque ferme comprenait ainsi plusieurs habitations et l’un ou l’autre bâtiment à fonction domestique. Elle abritait une famille étendue sous direction patriarcale. Bien que se trouvant loin des centres politiques et artistiques, les paysans participaient au luxe urbain. En tout cas, il n’est pas justifié de s’imaginer qu’ils formaient une catégorie démunie de biens matériels ; en effet on a souvent trouvé des restes de belle vaisselle polychrome dans les vestiges de leurs demeures.

Les simples artisans, par exemple les potiers et les maçons non spécialisés, se trouvaient vraisemblablement au bas de la hiérarchie sociale, tout comme les paysans. Les artisans d’art, c’est-à-dire les peintres, les stucateurs, les tailleurs de pierre, les bijoutiers et les artisans du vêtement étaient au service de l’élite et occupaient sans doute une position plus élevée. (Extraits pris dans Maya, palais et pyramides de la forêt vierge, Editions Taschen).

 

~ Le mariage chez les mayas

Bien que la petite Chatla soit décédée bien avant de connaître les joies (et les peines) de la vie d’adulte, je vais m’arrêter quelques instants sur l’évènement le plus important de la vie des mayas.

Une nouvelle fois, force est de constater que la célébra-tion du mariage présente une équivalence avec ce que nous connaissons maintenant, c’est-à-dire un événement important et festif, même dans les familles modestes. La musique, aux sons doux et mélodieux, reste un élément porteur et déterminant de la fête.

Pour l’homme qui se marie, les astres sont consultés, critères importants qui détermine le choix de l’heureuse élue, puisque les deux êtres doivent s’accorder à des niveaux énergétiques et spirituels, dont les concepts profonds ont été oubliés depuis longtemps par notre société. Une fois l’âme sœur trouvée, celle-ci apporte à ses futurs beaux-parents des objets précieux comme des plumes, du cacao, des pierres dures et des cotonnades, selon leur possibilité et leur condition sociale.

La noce n’est pas nécessairement célébrée par un prêtre comme dans notre tradition chrétienne (pourquoi le faudrait-il, d’ailleurs ?). Par contre, élément étonnant de ressemblance, l’officiant bénit et exhorte les jeunes à mener une vie honnête et rangée. Cette cérémonie effectuée, tout comme présentement, un banquet est organisé, avec de la musique et des danses.

Par contre, pour la nuit de noce, les évènements diffèrent, puisque les deux bienheureux sont en permanence accompagnés de deux vieilles femmes, qui les assistent pendant toute la nuit et les éclairent sur leur future vie sexuelle.

 

A suivre…..

PARIS – Compte rendu de la soirée du 21 mai 2016

LES REPAS UFOLOGIQUES

Compte-rendu de la soirée du 21 mai 2016

51XzNxqldAL - CopieLa soirée débute un peu plus tard que d’habitude, petits soucis de transport obligent, par l’ UFO’s NEWS, très riche ce mois de mai. Stéphane nous propose une vingtaine de news qu’il nous commente, et dont vous retrouverez bien sur les liens à la fin du compte-rendu.

Après un copieux repas préparé par nos hôtes, Samuel et Anne, Fabrice BIANCHIN a débuté sa conférence. Nous étions près d’une quarantaine de convives, – invités – habitués et nouveaux -, intéressés par le thème majeur « LES VIMANAS –  l’incroyable technologie des dieux », titre de son livre.

Il nous a proposé un exposé détaillé à partir de son travail de longue haleine à partir des textes du MAHABHARATA de VYSAYA (81936 strophes) le texte le plus sacré de l’hindouisme.

Après nous avoir situé les origines de sa recherche (Robert CHARROUX – VAN DANIKEN, puis…

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[Corse] Géométrie ancestrale

L’étude prend son envol depuis le sud-est de l’île de beauté. Quels sont les sites qui se trouvent dans cette zone, et qui intègrent de fait la géométrie naissante ?

Habitué au langage géométrique, pour avoir examiné longuement les sites aztèques et mayas en Amérique Centrale, je remarque du premier coup d’œil une cohérence sur l’emplacement des sites, qui laisse déjà pressentir une possible organisation et un plan originel.

Une question que je me suis posée dès le départ relève de la datation de chaque site. Ont-ils été construits à la même période ? Les datations trouvées dans les ouvrages de référence remontent à quelques décennies, à l’époque où il était utilisé le carbone 14. Il apparait des dates espacées dans le temps, mais il faut savoir que le carbone 14 ne peut dater la pierre, mais uniquement ce qui est périssable, comme des restes de morceaux de bois calcinés par exemple, retrouvés à proximité. De plus, sachant que les éléments datés peuvent tout à fait correspondre à n’importe quelle occupation du site, mais pas forcément son occupation au moment de son édification. Pour compliquer la donne, il est prouvé que le carbone 14 n’est plus une solution fiable, et à ma connaissance, les sites corses ont gardé ses vieilles datations comme fait établi. Le moyen le plus utilisé maintenant, la thermoluminescence, ne permet pas non plus de dater définitivement ces monolithes.  La question de leur date d’édification, même approximative, n’est toujours pas résolue. Le sera-t-elle un jour ?

Pour nous aiguiller, j’ai pensé que l’aspect architectural pourrait nous aider à nous forger une opinion, certes délicate et interprétative. De plus, puisque ces monuments ont une couverture mondiale et non localisée à cette seule île, qui sait si cette question ne trouvera pas un débouché heureux ces prochaines années ?

 

GEOMETRIE SACREE DE LA REGION DE MEMPHIS

Pour appréhender au mieux le voyage que je vous offre en terre égyptienne, j’ai été amené à diviser cette enquête en plusieurs volets. En effet, la géométrie dévoilée ici s’étend à toute la région de Basse Égypte, incluant le site des pyramides de Guizeh, mais également bien d’autres constructions.

P.S : afin de vérifier au mieux les résultats trouvés, j’utiliserai l’imagerie 3d pour contrôle. Peut-être aussi sera-t-il a même de découvrir d’autres triangles sacrés.

GÉOMÉTRIE DE LA BASSE EGYPTE

Les premiers indices qui m’ont mis sur la voie sont venus du travail de deux chercheurs exceptionnels, à savoir Guy-Claude Mouny et Guy Gruais. Ces auteurs affirmaient, démonstration à l’appui, que le site de Guizeh avait été vraisemblablement exécuté grâce un plan de masse établi à l’avance, incluant le Sphinx, les trois pyramides et leurs temples respectifs. Dès lors, ces placements entraient alors dans une logique géométrique vérifiable. Leur conclusion, sans appel, démontrait que pour Guizeh tout au moins, les architectes ont travaillé sur un plan d’ensemble, incluant aussi bien les pyramides, leurs temples et le Sphinx. Ils ont prévu cette maitrise d’ouvrage en amont, avant le début des travaux.

A partir des travaux des deux français, j’ai souhaité poussé davantage le raisonnement. Je me suis alors demandé si le plateau de Guizeh était le seul concerné par cette géométrie et architecture d’ensemble, ou si ce travail avait pu être mené sur une zone plus vaste encore.

Aussi incroyable que cela puisse paraître de prime abord, je me suis demandé s’il était possible que les bâtisseurs des pyramides aient envisagé de construire leurs monuments selon un vaste plan d’ensemble. Alors que la majorité des spécialistes pensent que les pyramides ont été construites de manière aléatoire, indépendamment les unes des autres, est-il réalisable que leurs architectes aient défini en amont, lors d’une réflexion globale, l’emplacement optimal de toutes ces structures ? Jusqu’à présent, aucun plan des mystérieux bâtisseurs n’a été découvert, infirmant ou non cette idée. De même, ces bâtiments ont un point commun : leur réalisation spectaculaire n’en est pas moins d’une sobriété éclatante. Retrouverons-nous un jour ces mystérieux documents, qui identifieront leur concepteur comme leur travail ?

plan de la région de Memphis
plan de la région de Memphis

Ce manque d’informations n’a pas pour autant freiner ma réflexion. La première fois que je me suis questionnée sur cette idée, c’est lors de la lecture de l’ouvrage de Robert Bauval et Adrian Gilbert, « Le Mystère d’Orion ». En effet, un des plans annexés au livre a attiré mon attention. A mon grand regret, les auteurs n’ont pas travaillé davantage sur cette voie, préférant voir dans les pyramides le reflet des étoiles dans le Ciel. Leur démonstration n’en reste pas pour autant dénuée d’intérêt, loin s’en faut, mais ce n’est pas la discussion de cette enquête.

En examinant ce plan, dont le Sud pointe vers le haut, j’ai pressenti que les architectes avaient peut-être réalisé un tour de force incroyable, lors de l’élaboration des constructions d’une zone s’étendant tout de même sur plusieurs dizaines de kilomètres carrés : ils auraient pensé le tout comme un ensemble unique. Cette idée m’est revenue à l’idée sans cesse, mais à chaque fois, j’ai repris mes esprits : voici 5 000 ans, les égyptiens sortent de l’époque néolithique. De fait, ils n’ont pas la connaissance adéquate pour manipuler des pierres lourdes de plusieurs tonnes, et penser architecture, ingénierie, etc. Je dirais même : et encore moins se lancer dans des projets trop ambitieux pour eux. Et pourtant… ils ont construit plusieurs pyramides en quelques siècles à peine, passant d’une vie de nomade à une civilisation magnifique, promisse à l’avenir que l’on sait, et faisant d’eux des constructeurs de génie. A ce moment, tout leur semble possible, un âge d’or où rien ne semble les résister, même les projets les plus fous.

Alors, même si mon intuition peut paraitre plus insensée encore, il fallait la mettre à l’essai, et ainsi la vérifier ! Ces prêtres, à l’époque à la fois mathématiciens, géomètres et astronomes, auraient-ils réussi à créer une unité d’ensemble, non pas à l’échelle d’une pyramide, mais d’une région ? Quoi que soit l’échelle, je m’imaginais ces fascinants concepteurs, faisant de longues réunions de travail, partageant ainsi leur idée et mettant en commun leur maigre expérience dans le domaine de l’architecture, de l’ingénierie, des mathématiques. Mais pris sur d’autres enquêtes, je laissais l’idée en suspens.

Plusieurs années plus tard, j’ai revu ce plan dans un autre livre, intitulé « Le Mystère du Grand Sphinx », écrit conjointement par Robert Bauval et Graham Hancock. C’est d’ailleurs dans deux autres illustrations de cet ouvrage que les prémisses de cette géométrie me sont nettement apparues.

Schéma tiré de l'ouvrage de Robert Bauval
Schéma tiré de l’ouvrage de Robert Bauval

Le graphisme montrait clairement un lien entre les cités d’Héliopolis, Létopolis et le plateau de Guizeh. Ce schéma résultait-il d’une conception grossière, ou bien existait-il réellement une cohésion géométrique entre les trois monuments ?

Pour en avoir le cœur net, j’ai repris le plan initial cité plus haut, et je l’ai imprimé. Ce plan, plutôt épuré, englobe une zone comprise au sud du Caire, dans la région de Basse-Egypte. Il comprend les principaux monuments édifiés lors des premières dynasties, principalement la IVe, et jusqu’à la fin de la Cinquième. Ces édifices sont composés de temples (Létopolis, Héliopolis et plus tard Memphis) et de constructions pyramidales (les deux pyramides de Snefrou à Dashour, celle de Nebka (à Zaouyet-el-Aryan) et de Didoufri (Abou Roach).

PLANCHE 1

Planche 1
Planche 1

Pour débuter, je me suis intéressé aux deux cités situées en bas de la carte. Létopolis a eu la visite du Sage Solon, qui l’a visité entre 571 à 561 avant J.-C. Dans un premier temps, avant sa visite à Saïs, rendue célèbre par son évocation à l’Atlantide, Solon s’est présenté devant Pharaon, au cœur de cette ville. Puis, il s’est rendu aux abords de la Grande Pyramide. Fait intéressant, depuis Guizeh, l’auteur grec constate que son angle septentrional se trouve à une distance d’une quinzaine de kilomètres de la cité de Létopolis qu’il vient juste de visiter. Il part ensuite à la rencontre des grands centres religieux de la région, ce qui l’amène à l’incontournable Héliopolis, situé de l’autre côté du Nil.

Mes investigations m’ont confirmé que les deux cités, tout comme la Grande Pyramide, ont été construites à la même époque, sous la même dynastie, à savoir la quatrième. D’ailleurs, Héliopolis fut la première grande capitale du règne égyptien, avant que celle-ci soit transférée plus loin au sud, à Memphis. De plus, des points communs caractérisent les cités d’Héliopolis et Létopolis. En premier lieu, les récits rapportent que chacune d’entre elles a possédé un obélisque un peu singulier, car il était surmonté traditionnellement par un petit pyramidion, appelé le benben. En second lieu, elles sont citées abondamment dans les Textes des Pyramides, premiers écrits de l’épopée égyptienne, découverts à l’intérieur de la pyramide d’Ounas, à Saqqara.

Première constatation : l’ancienne cité de Létopolis (appelée également Khem) a été construite sur la latitude 31° 08′ E, alors que la cité voisine, Héliopolis, est positionnée à 30° 08′ N. Etant situées exactement sur le même intervalle, je les ai reliées entre elles en traçant une droite selon un axe est-ouest. Et comme on le voit sur le plan, Héliopolis et Létopolis sont séparés l’un de l’autre par le fleuve sacré des égyptiens, le Nil.

Deuxième constatation : le haut lieu létopolitain se situe dans l’axe nord-sud du plateau de Guizeh, pointant plus particulièrement sur la Grande Pyramide. La cité et la pyramide sont bel et bien alignées, positionnées sur un même axe longitudinal. Je trace donc une droite reliant Héliopolis à Guizeh. A mon grand étonnement, le triangle est parfaitement isocèle, avec un angle droit qui se matérialise sur Létopolis. La cité d’Héliopolis et la Grande Pyramide respectent bien des angles à 45°. Une autre étrange coïncidence se fait jour, confirmant là encore le schéma de la page précédente : la droite partant d’Héliopolis et qui se dirige vers l’axe de la Grande Pyramide passe également par sur les deux autres pyramides, à savoir celles de Khefren et Mykérinos.

La cohérence du placement de ces trois sites m’a fortement intrigué. A partir de là, j’ai entamé une recherche plus poussée, afin de pousser davantage l’investigation. Il fallait déterminer si cela relevait du hasard ou, au contraire, d’un acte délibéré. Les égyptologues nous ayant appris que les bâtisseurs auraient utilisé de simples cordages pour mesurer toutes leur distance, une géométrie d’une ampleur aussi importante pose question. En effet, nous sommes ici sur une échelle englobant une région de plusieurs centaines de kilomètres carrés, environ 800, ce qui induit des écarts autrement plus sont conséquentes que le périmètre d’une pyramide.

PLANCHE 2

Délaissant Héliopolis sur la rive Est du Nil, je me suis concentré sur les sites répertoriées autour de Létopolis, c’est-à-dire englobant la pyramide d’Abou Roach et celles inscrites sur le plateau de Guizeh.

En premier lieu, j’ai fixé mon attention sur la pyramide d’Abou Roach, Maintenant ruinée en totalité, celle-ci était de dimension colossale. Nommée Sehedou Djedefrê {Le domaine des étoiles du pharaon Djedefrê}, elle est située à quelques kilomètres au nord-ouest des trois pyramides de Guizeh.

Planche 2
Planche 2

Voici ce que cette pyramide m’a dévoilé. En la reliant au centre de Létopolis, je me suis rendu compte qu’elle faisait un angle de 30° avec la droite Létopolis-Grande Pyramide. J’ai alors remis le crayon sur Abou Roach, et j’ai tracé cette fois une nouvelle droite vers le plateau de Guizeh. En créant un angle de 120°, le trait passe par la pyramide de Mykérinos et finit par rejoindre plus loin la droite Létopolis-Guizeh que j’ai prolongée.

Concrètement, en imaginant un instant qu’un observateur situé à Létopolis, il voyait plein est, à 90° exactement (ouest sur le plan), la cité d’Héliopolis. S’il regardait plein sud, il se trouvait dans l’axe de la Grande Pyramide, regardant alors la face où se situe l’entrée aux galeries internes. Maintenant, si cet observateur tourne le regard de 30° plus à l’ouest (est sur le plan), il observe une ligne imaginaire qui aboutit dans l’axe de la pyramide d’Abou Roach.

Autre singularité étonnante qui a été relevé : à partir de la pyramide d’Abou Roach, les distances avec chacune des trois pyramides guizehiennes se concrétisent ainsi sur le plan :
– 3 cm sépare la pyramide d’Abou Roach à la Grande Pyramide ;
– 3,1 cm pour Khefren ;
– 3,2 cm pour Mykérinos.

dessin 2 planche 2
Schéma 2

Maintenant, si depuis la pyramide d’Abou Roach, on trace une droite se dirigeant vers le plateau de Guizeh, mais mesurant la même distance que celle allant sur Létopolis, soit 4 cm de côté sur le plan, le droite partant vers le sud (nord sur le plan) passe entre les pyramides de Khefren et de Mykérinos.

Cette étonnante découverte m’a véritablement lancé dans cette enquête.

PLANCHE 3

De nouvelles singularités étonnantes méritent d’être rapportées ici.

Planche 3
Planche 3

J’ai retracé à nouveau les droites réunissant Héliopolis à Létopolis, et cette dernière à la Grande Pyramide. Pour rester en cohérence, j’ai compléter la suite pour élaborer un carré, dont l’angle droit fictif est noté x. Aucun vestige archéologique n’existe sur ce point, mais des fouilles ont-elles été menées sur cet endroit ?

Une fois le carré réalisé, je me suis intéressé plus particulièrement à la pyramide d’Abou Roach. Depuis son axe, et après avoir tracé les droites les reliant aux points x et à Héliopolis, l’angle formé représente exactement 40°. De fait, l’autre angle, positionné sur Héliopolis, donne 25° avec Létopolis.

Bien qu’Abou Roach ne soit pas établi à l’exact milieu entre Létopolis et Guizeh, les résultats sur les angles poussent aux questionnements. En effet, si le hasard expliquait ces angles, nous aurions dû obtenir des chiffres hasardeux. Or, cela n’est pas le cas, et devant ces faits, il était hors de question d’arrêter là l’analyse.

PLANCHE 4

Dans les années 90, Messieurs Gruais et Mouny nous avait appris ce qui suit, dans leur exposé sur la géométrie sacrée égyptienne.

Leur recherche démontrait que les bâtisseurs et architectes du site des Pyramides de Guizeh avaient inclus dans leurs calculs l’ensemble des pyramides du plateau, et même du Sphinx, en créant le double fictif des pyramides de Khefren et de Mykérinos. Ses pyramides « bis » ont été matérialisées vers l’Est. Nous verrons que cela a une influence sur la géométrie que j’ai mise en place.

Plan Mouny/Gruais
Plan Mouny/Gruais

Reprenant le plan initial, j’ai donc rajouté les pyramides de Khefren et Mykérinos bis, tels que Gruais et Mouny les avaient découverts.

Planche 4
Planche 4

La droite rejoignant la cité du Dieu Anou, Héliopolis, à la Grande Pyramide passe aussi par les deux autres pyramides du complexe de Guizeh. Puisque la droite Létopolis-Grande Pyramide forme un angle de 90°, j’invente Héliopolis bis pour créer un triangle isocèle.

Ce qui est incroyable, c’est que la droite Heliopolis bis passe exactement sur les arêtes nord-ouest, sud-est et l’axe de la pyramide d’Abou Roach. Arrivée sur la Grande Pyramide, elle fait de même, puis passe par le Sphinx, Khefren et Mykérinos bis, et finit sa course au centre de la cité de Memphis !

PLANCHE 5

A nouveau devant un plan vierge, je me suis rendu compte que les triangles isocèles ne se cantonnaient pas au seul triangle Héliopolis-Létopolis-Grande Pyramide.

Planche 5
Planche 5

J’en ai trouvé un autre, à droite sur le plan, formé par la droite Abou Roach-Grande Pyramide, la droite qui traverse l’axe des trois pyramides de Guizeh et va sur le point B (à noter que de l’autre côté, cette ligne part sur Héliopolis). Enfin, j’ai relié le point B à la pyramide d’Abou Roach.

De fait, le triangle situé au nord (sud quand on examine le plan) a été facile à mettre en place, car la moitié de ce triangle était déjà réalisée (droites incluant Létopolis-GP, Abou Roach-GP, et GP-Pt A).

Deux autres triangles se faisaient jour au sud et à l’est de Guizeh, mais il faut noter un détail sur la triangulation utilisant le point noté C. En effet, le trait qui le relie à l’axe de la Grande Pyramide n’est pas rectiligne jusqu’à la pyramide d’Abou Roach, mais forme une légère concavité. Mais il ne fait aucun doute que le point C se situe en bonne place. De plus, au-delà du point C, la droite se finit plus loin que le triangle créé, sur le site d’Ayan.

J’ai trouvé également des lignées intrigantes. Parti en traçant la ligne qui coupe en deux les cités d’Héliopolis et Létopolis, j’ai remarqué qu’elle longeait l’enceinte de Saqqara, et passait dans l’axe de trois petites pyramides (deux positionnées à Saqqara, et une à Dashour). Dès lors, puisque j’avais déjà découvert la ligne Létopolis-Grande Pyramide, je me suis mis à créer des lignes de 2 cm de large sur le graphique. Toutes les correspondances qui en ont émergées m’ont laissé dubitatif.

Tous les lignées passent dans l’axe ou sur les côtés des pyramides, où qu’elles soient situées. Une seule exception s’est faite jour : sur le site de Guizeh, la ligne traversant le centre de la pyramide de Khefren est précisément de 1 cm au lieu des 2 pré-requis. Elle était nécessaire s’il était voulu que l’axe de Mykérinos reprenne l’écart de 2 de toutes les autres lignes.

En tout cas, dans cette configuration, les lignes passant par le plateau de Guizeh ont une répercussion intrigante sur le site de Létopolis. En effet, la ligne verticale passant par l’axe de Khefren arrive à l’extrême est (sur le plan) de la cite, alors que la verticale passant par les côtés ouest et est des deux grandes pyramides arrivent sur la partie droite de la grande cour de la cité. Cela ne s’arrête pas là : la verticale passant par l’axe de la Grande Pyramide passe au milieu de la cité (de cela, on l’a déjà vu), et les autres lignes incluent harmonieusement le plan de masse de Létopolis.

Je ne décris pas tout et laisse le lecteur découvrir par lui-même les autres similitudes.

Pour terminer, une autre découverte à signaler : les lignes fonctionnement également en diagonale. La ligne formée par l’axe des trois pyramides de Guizeh passe par la partie est (sur le plan) de la cité de Héliopolis. Mais la droite formée par les arêtes nord (sur le plan, à l’inverse dans la réalité) des trois pyramides amène au centre même de la structure totale de la ville.

PLANCHE 6

Sur cette nouvelle planche, j’ai reproduis à nouveau les pyramides « bis », car une nouvelle idée m’est venue à l’esprit : si les bâtisseurs ont pensé à des pyramides fictives, comme celles découvertes par Gruais/Mouny, pourquoi n’en auraient-ils pas créées d’autres ?

Vu de haut, j’ai dessiné un ensemble comprenant des pyramides miroirs à l’ouest comme au nord (sur le plan). A partir de là, j’ai remarqué qu’ à partir d’Héliopolis, la droite allant vers les pyramides bis étaient séparés de 5° avec l’alignement des pyramides réelles.

J’ai réalisé également que la distance comprise entre Létopolis et Abou Roach était identique à celle créée d’Abou Roach – Grande Pyramide bis, celle située la plus au nord (sur le plan). Le triangle a deux angles à 30° et l’autre à 60°.

Planche 6
Planche 6

J’ai noté également un autre élément intéressant. Pour se faire, j’ai tracé la droite partant d’Abou Roach et allant strictement vers l’ouest (sur le plan), parallèle à la droite Héliopolis-Létopolis. Il coupe donc la droite susnommée en deux parts égales, noté Z.

En la prolongeant, on créé le point P, qui se trouve à l’intersection de la droite partant vers les pyramides fictives. Et il se trouve que le point P  se situe au milieu des deux cités, bien que plus au nord (sur le plan). Si on trace le triangle Héliopolis-Point P-Létopolis, les angles obtenus sont de 50° à leur base et un de 80°.

Par contre, si je retrace la droite allant de Héliopolis aux pyramides réelles de Guizeh, l’angle formé avec Létopolis passe de 80° à 85°.

Si un observateur se trouve à Héliopolis et regarde vers le complexe de Guizeh et les pyramides fictives, il a l’axe des pyramides réelles à 5°, la pyramide d’Abour Roach à 25°, alors que Létopolis se situe à 50°…

Si le rapporteur est placé sur le point P (angle 0° sur les pyramides bis), 10° sont nécessaires pour arriver aux pyramides de Guizeh, 50° pour celle dAbou Roach, 80° pour Létopolis et, enfin, un angle de 180° pour observer la cité d’Héliopolis.

Par contre, un observateur fixant les pyramides depuis Létopolis avait une vue dégagée. La géométrie montre que tout a été prévu, sur plan du moins, pour un observateur situé à Héliopolis. Car le panorama depuis Héliopolis ne semble pas permettre une vue aussi aboutie qu’à Létopolis. En effet, l’observateur en question ne pouvait pas voir les groupes de pyramides et les temples situés plus au sud (au nord sur la carte), à cause des montagnes de Mokkatam (où ont été extraits bien des pierres constituant les pyramides). Bien entendu, même caché par les montagnes, cela n’empêchait pas la précision angulaires et les orientations, si tout cela avait été étudié sur plan antérieurement.

Cela n’empêche que les pyramides, avec leur revêtement d’une blancheur immaculée, devaient être observables, en totalité ou en partie, depuis quasiment n’importe quel point de vue situé sur la carte.

 

Un peu de pub pour finir. Mon premier livre est sorti en janvier 2016, aux Éditions Le Temps Présent.

Son titre : « Vimanas, l’incroyable technologie des dieux ».

[Projet Lussac] Rapport

Rapport

Introduction (lisible par tous)

I.1 -Description du lieu où a été retrouvé la cible

I. 2 – Les fouilles archéologiques réalisées sur place

I.3 – Description de la cible


Méthodologie de travail

Phase introductive du projet

Première session introductive


[Septembre à Décembre 2014] Phase 1

– synthèse générale

– analyse détaillée globale

– les sessions de chaque participant

[Octobre 2014 à Février 2015] Phase 2

– synthèse générale

– analyse détaillée globale

– les sessions de chaque participant


Rapport final

[Roman Lussac] Partie I-Chapitre 2

Jack est marié à Alexandra depuis cinq ans maintenant. Il mène une vie agréable, dans une maison de plain-pied située en bord de mer, dans le département vendéen. De plus, un heureux événement vient d’avoir lieu, car Jack devenait père pour la première fois de sa vie. Son travail lui permet de dégager du temps libre pour s’adonner pleinement aux recherches qui le passionnent, à savoir l’archéologie d’un côté, et les mystères liés à notre esprit de l’autre. Mais depuis près de deux ans, c’est la thématique liée à nos capacités cognitives qui est au cœur de son enquête.

***

En effet, à la fin de l’an 2000, Jack s’est lié d’amitié avec Jessica, une femme plus âgée que lui d’une quinzaine d’années. Habitant la Suisse, cette jolie femme aux cheveux or correspondait au caractère de Jack, basée sur une simplicité et une joie de vivre débordante.

Ils se sont connus grâce au réseau internet, sur un forum de discussion dédié aux civilisations anciennes. Jessica est différente des autres personnes que Jack a côtoyées jusqu’ici, car elle possède un don remarquable. En effet, de ses huit ans jusqu’à sa quatorzième année, Jessica a fait des rêves récurrents, le plus souvent quotidiennement. De plus, elle s’est souvenue avec force détails de chacun d’entre eux, qu’elle a noté avec une grande constance. Durant toutes ces années, elle a été plongée dans un récit ayant une particularité étonnante : il traitait toujours du même sujet. Jessica raconte à Jack qu’il s’agissait d’un lieu et d’un peuple visiblement très ancien. Mais Jessica n’a jamais obtenu d’informations relatives à sa localisation, tout comme à l’époque concernée.

À la lecture de ses premiers extraits, Jack est bouleversé. Chaque phrase, chaque mot lui parle. Il lui revient alors en mémoire l’événement très semblable qu’il a eu lors de sa séance d’auto-hypnose.! Le cœur battant, Jack lui pose une série de questions, pour comparer dans le détail leur version. Au bout d’une semaine, il livre à Jessica le fruit de son analyse, et le résultat est sans appel. Sans qu’ils se connaissent, et sans informations délivrées à Jessica, les deux récits correspondent. Si Jessica n’est pas surprise, ayant vécue plusieurs synchronicités étonnantes précédemment, Jack reste très étonné de ces coïncidences, et accuse le coup. Une certaine euphorie le gagne les jours suivants.

Suite à cette mise en bouche intrigante, les deux amis se présentent enfin. Jack se met à lire les notes du récit intégral des rêves de la suissesse qu’elle a eues durant sa jeunesse. Il est épaté par le grand nombre de détails qui parsèment tout le long de son récit. Mais il apprend également que les visions de Jessica ont repris récemment, de manière plus soutenue, après une pause salvatrice de près de vingt ans. Elles se manifestent à nouveau à elle lors de siestes, qu’elle entreprend systématiquement en début d’après-midi. Mais cela lui arrive d’obtenir d’autres informations par quelques rêves nocturnes.

Très intrigué par les conditions de leur rencontre, sceptique lors des premiers échanges, mais l’esprit relativement ouvert à toutes les discussions, Jack propose à Jessica de l’accompagner dans ses balades oniriques, et maintenant devenues journalières. Le but de ce rapprochement est multiple : Jack veut lui apprendre à relever un maximum de détails des flashs qui lui arrivent, en lui posant maintes questions, et en tentant par la même d’analyser les informations qu’elle reçoit, bien malgré elle.

Au fil des semaines passées en sa compagnie, Jack n’en finit pas d’être surpris par tout ce qu’elle raconte. Quelle imagination débordante, a-t-il pensé à plusieurs reprises ! Son récit semble si réel ! Comment son cerveau pouvait-il inventer pareille histoire, tous les jours, avec autant de cohérence, et depuis tant d’années ? Après trois mois passées auprès d’elle, par clavier d’ordinateur interposé, Jack et Jessica décident de se rencontrer. La rencontre est fixée à Paris, à la fin du mois de janvier 2001. Bien que différents, ils se sentent vite complémentaires, sans connaître par avance le fantastique chemin qu’ils allaient entreprendre ensemble durant les prochaines années. De plus, Jessica a su le rassurer, car elle sait que Jack ne se passionne pas pour le monde spirituel, lui, le cartésien en puissance. Jack sait pertinemment que Jessica n’est pas une médium, qu’elle subit la situation plus qu’elle ne la contrôle. Sur ce point aussi, Jack souhaite l’aider à davantage contrôler l’arrivée de ses flashs, pour ne pas qu’elle en devienne esclave.

Cette rencontre amicale leur a fait du bien. Leur échange s’en est trouvé grandi, avec, en prime, une convivialité accrue. Combien de fous rires ont été échangés certains jours ? Combien de débats lancés au milieu de cette quête, qui leur paraissait prendre une ampleur toujours plus grande au fil des semaines ? A combien s’élève le nombre de synchronicités avérées ? Ni l’un ni l’autre ne saurait le dire.

***

Le souvenir lié à leur première rencontre s’estompe dans l’esprit de Jack, pour revenir en ce début d’année 2003. Cela fait maintenant plusieurs semaines que Jessica lui raconte l’histoire de groupes de personnes en exode. Ces gens semblent égarés, confus, apeurés dans un premier temps. Ils ne savent pas ce qu’ils font là, où ils sont, tout comme nous. Rapidement, ils ont repris leur esprit, et ils ont commencé à se déplacer. Les premières questions de Jack fusent, mais Jessica n’a aucune information à lui relayer. Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? Pourquoi se trouvent-ils ici ? Et maintenant qu’ils ont commencé à marcher, quel est leur destination ?

Il faut plusieurs visions à Jessica pour que les deux amis commencent à comprendre ce qui se passe. Grâce à certaines de ses descriptions, ils sont arrivés à déterminer grosso modo la période ciblée : ces scènes se déroulent durant la préhistorique. Mais ça s’arrête là : aucun autre indice ne permet de cadrer davantage l’époque entrouverte. Par contre, Jessica a la certitude que ces hommes, ces femmes et ces enfants sont de la race des homo sapiens, c’est-à-dire nos ancêtres directs. Par contre, elle ne les perçoit pas comme des gens primitifs, comme l’imagerie populaire imagine l’homme préhistorique.

Plusieurs groupes d’individus sont observés par Jessica. Certains sont constitués de quelques personnes seulement, alors que d’autres s’élèvent à plusieurs dizaines de familles. En tout cas, aucun d’entre eux ne semble en état statique. Ces groupes sont arrivés sur un lieu, qui devient ainsi leur première halte sur ce territoire qui leur est inconnu. Jessica est heureuse d’obtenir un visuel, même s’il a été furtif : ils se situent dans une chaîne de montagnes, près d’un rivage. Jack décide de demander à Jessica de plonger à nouveau dans sa vision, en lui demandant de prendre bien plus d’altitude. Contre toute attente, le résultat ne se fait pas attendre. Elle situe alors la scène dans le sud-est de l’Espagne, c’est-à-dire en Europe occidentale.

Jack en profite pour lui demander leur lieu de départ, mais aucun renseignement n’est apparu à la suissesse. Par déduction, Jack comprend qu’il se situe forcément à quelques jours, voire une à deux semaines de marche de ce lieu. Puisque leur halte se situe au sud-est de l’Espagne, et que la mer méditerranée leur barre la route, Jack en déduit qu’ils viennent de l’Ouest. Il ne reste donc que deux lieux possibles : Gibraltar d’un côté, ou les côtes du littoral atlantique de l’autre.

En attendant, Jessica précise à Jack qu’ils ont repris leur marche en avant. Bien que la destination soit inconnue, Jessica a comme ressenti un déplacement vers l’Est. Mais n’ayant pas de bateaux, autant que les moyens de les construire, ils ont commencé à remonter vers le nord, en direction de ce qui est maintenant le territoire français.

***

Suivre Jessica dans ses récits n’est pas un exercice aisé. En effet, Jack a compris très vite que Jessica suit plusieurs groupes d’individus à la fois. Mais ce qui rend la tâche plus complexe, c’est qu’elle passe de l’un à l’autre sans raison apparente.

Jack reçoit ses textes toujours de la même manière, le plus souvent par e-mail. De manière moins régulière, ils s’organisent des rendez-vous pour discuter via internet, en utilisant des programmes de discussions instantanées. Il est arrivé parfois que, sur une même journée, plusieurs messages aient été échangés.

— Jess, si tu es d’accord et que tu me donnes ton feu vert, voici comment on peut s’organiser. Dès que tes visions s’estompent, tu en écris le texte détaillé, et j’en prends connaissance le jour même. Comme ça, dès le lendemain où dès que tes visions reprennent, tu restes totalement disponible pour te plonger dans la suite de l’aventure.

— Oui, très bien, Jack. J’adhère naturellement avec ce principe, acquiesce Jessica.

— J’essaie d’être très réactif de mon côté. Je prends connaissance de ton compte-rendu, puis je te prépare immédiatement des questions ou des précisions à apporter par rapport à ce que tu as vu. Tu as tout loisir d’y répondre dans la soirée, d’après tes souvenirs.

— On verra si c’est possible, mais je peux tenter de partir en mini-plongée pour obtenir plus de détails.

—Très bien ! Je te demande juste de ne pas extrapoler ou interpréter. Si tu ne peux pas répondre à certaines questions, tu passes directement aux suivantes. C’est important pour toi et pour moi qu’on suive une ligne de conduite, et qu’on s’y tienne.

— Peut-on échanger plus profondément sur certains moments-clés de l’histoire ? s’interroge Jessica.

— Oui, absolument, à condition que cela ne perturbe pas, et n’influence pas, ton récit.

— Ne t’inquiète pas, Jack. Je sais ressentir la différence entre une information venant de mon mental et celle venant de l’inspiration. Les différences sont assez marquées pour que je ne fasse d’erreur.

— Je te fais confiance. Mais ce point reste très important dans le cadre de notre démarche, pour notre crédibilité.

— J’en suis bien consciente.

Jessica a trouvé la démarche de Jack très intéressante. Jusqu’à présent, elle ne s’était jamais préoccupée de relever tous les détails de ses visions, tout comme elle ne faisait pas entrer ses visions dans un cadre protocolaire. A l’inverse de Jack, pour qui cette manière de procéder garantissait un tant soit peu la pertinence du récit. De plus, ses questions supplémentaires permettent d’enrichir l’histoire, avec l’espoir secret, Jack en est convaincu, d’obtenir un jour des informations qui valideraient ses dires par les moyens scientifiques traditionnels. Si cette méthode de renseignements venait à être prouvée un jour, deux sujets d’étude aux impacts forts en ressortiraient: dans un premier temps, d’où arrive l’information intuitive, et dans un second temps, de quelle manière arrive cette donnée au cerveau humain.

Le jeu en valait bien la chandelle.

***

À chaque fois que le compte-rendu de Jess lui arrive, Jack s’empresse de le dévorer avec délectation. Il adore lire le récit de ses voyages, souvent surprenants et, quoi qu’il en soit, constamment inédits. Il savait que l’homme préhistorique était nomade, mais jamais il aurait cru vivre un jour, de l’intérieur, ces faits vus directement des personnes concernées. A ce titre, l’expérience était meilleure qu’un film documentaire, car on avait en même temps leur ressenti.

Bien sûr, Jessica et Jack sont restés longtemps prudents sur les informations apportées, puisque, jusqu’à preuve du contraire, rien ne leur a permis de raccrocher ces histoires à des faits historiques. D’ailleurs, Jack s’est demandé à plusieurs reprises pourquoi il aimait tant écouter son amie Jess raconter tout cela. Peut-être est-ce dû à un besoin d’évasion, ce petit grain de folie et de mystère, supposa-t-il à plusieurs reprises. En fait, une part de lui-même le persuade qu’il touche du doigt un des grands défis scientifiques du XXIe siècle, et de l’autre, qu’il n’a peut-être à faire qu’à une imagination fertile.

Jack est encore dans ses pensées lorsqu’un message sonore retentit. Il regarde en direction de l’écran de l’ordinateur, et la petite icône en forme d’enveloppe l’avertit de la réception d’un nouveau message électronique. A peine a-t-il cliqué dessus que, d’un rapide coup d’œil, il sait qui en est l’expéditeur. Une nouvelle fois, l’e-mail vient de Jessica. Il s’empresse de l’ouvrir. L’entame du mail se présente ainsi :

— Coucou. Aujourd’hui, le groupe est arrivé près d’une clairière, lui écrit-elle. Il semble que ces gens vont s’y établir temporairement quelques jours, peut-être quelques semaines. Nous le verrons bien assez tôt.

Aujourd’hui, Jack ressent le besoin de parler à Jessica de ses doutes.

— Jess, cela fait des semaines que nous les suivons, inlassablement, jour après jour, parfois même minute après minute. Nous sommes en direct avec eux, nous sommes branchés à eux. C’est vrai que c’est extraordinaire. Je n’ai jamais lu une histoire pareille, je n’ai jamais entendu parler non plus d’une telle continuité d’un récit, d’une telle complexité, qui soit issue de flashs. Certes, c’est très agréable à lire, et j’ai beaucoup de chance de t’accompagner dans cette aventure. Mais je sais aussi que tu te poses des questions. Tout comme moi, je sais que tu te demandes si, au-delà de cette histoire incroyable, nous allons pouvoir en ressortir quelque chose. Pourquoi vis-tu pareille aventure, et dans quel but ? On va tenter de répondre ensemble à ces questions, je te le promets, mais je doute quand même de la pertinence de toutes ces informations. Je reste quand même sur notre premier échange, quand j’ai remarqué que ton récit correspondait à celui que j’avais vu moi même en vision en 1991, Mais je me demande quelles compétences puis-je réellement t’apporter ? Peut-être espérais-je secrètement que cette histoire possède une part de réalité, mais suis-je, sommes-nous, dans la réalité ou le déni ?

— Je t’en ai déjà parlé, Jack. Je pense sincèrement que ce récit n’est pas une simple chimère. Ce dont je suis sure, c’est que j’arrive à discerner un rêve classique des visions, car ils sont distincts. Je ne sais pas encore pourquoi je reçois ces images, ces sensations, mais je reste convaincu qu’ils ne m’arrivent pas par hasard. Il faut creuser cette énigme, ces interrogations. Et tu peux m’y aider, j’en suis convaincu.

— Je suis à tes côtés, et bien que je doute parfois, je veux t’aider à comprendre tes flashs, à défaut d’en comprendre le mécanisme. Maintenant, il faut essayer de déterminer réellement quoi dégager de ce travail. Dans un premier temps, et malgré la difficulté de l’entreprise, je pense qu’il est urgent de trouver des indices qui permettraient de se situer davantage, autant sur les lieux visités que sur la période.

— Jack, ce que je vois se situe des millénaires avant notre ère, peut-être est-ce même antérieur à nos premières civilisations. Je n’observe aucun village, aucune cité, aucun élément pouvant nous guider, et je n’ai pas de cartes géographiques pour nous mettre sur la piste.

— C’est vrai que depuis que tu avais pu localiser le lieu de leur premier arrêt, j’ai cru que tu allais pouvoir le refaire. Mais sans succès.

— C’est exact. Je n’arrive pas à me défaire des gens et de la scène immédiate. Mais je te promets, à l’avenir, d’être plus vigilante sur les flashs que je perçois. On va essayer de trouver des indices. Continue à me poser toutes les questions qui pourraient nous aiguiller dans cette démarche, Jack. N’hésites pas.

— Je n’y manquerai pas, Jessica. Mais dans le cas présent, ce n’est pas la description de la clairière qui va nous en apprendre davantage, répond Jack, un peu dépité. Ce qui est certain, c’est que nous commençons vraiment à perdre leur trace, depuis qu’ils sont partis d’Espagne.

— Oui, ça fait longtemps qu’ils sont partis du sud-est de l’Espagne maintenant, renchérit Jessica.

— Force est de constater que nous n’avons plus aucun indice pour les localiser. Pour le coup, nous sommes totalement en aveugle, d’autant plus que nous avons à gérer la gestion de plusieurs groupes différents. Et pour ne rien simplifier, leurs trajets diffèrent.

Jack analyse souvent dans le détail chacune de ses phrases. Parfois, il garde ses réflexions pour lui, pour ne pas tenter d’influencer son amie par ses propos, directement ou indirectement. De temps en temps, il appelle aussi son frère, qui habite depuis quelques années le Pays Basque. Jack aime le tenir au courant des dernières avancées, et il sait aussi qu’il peut compter sur lui, qui lui formule toujours de bons conseils.

— Dan, d’après les informations fournies par Jess, si ces différents groupes ne sont pas arrivés du même endroit, ils suivent en tout cas un même itinéraire. A ton avis, Dan, peut-on en déduire, pour l’instant du moins, qu’ils sont partis d’un lieu originel commun, et qu’ils doivent se rendre vers une destination similaire?

— Jack, tu m’as dit que Jessica pense que ces groupes ont commencé leur migration du côté de l’Espagne, n’est-ce pas ? Du moins, dis-moi si je me trompe, c’est dans cette région qu’elle a commencée à suivre leur pérégrination, n’est-ce pas ?

— Oui, en effet. Récapitulons, si tu le veux bien. Plusieurs groupes arrivent de l’Europe de l’Ouest. Jess les observe alors qu’ils viennent d’entamer leur périple. Elle reçoit une première localisation précise, lors de leur première halte. Ce lieu se situe dans le Sud-est espagnol, près des rives de la mer méditerranée, quelque part entre Carthagène et Alméria. La question qu’on peut se poser de manière légitime, c’est de savoir d’où ils venaient à l’origine.

— De part la situation géographique, peu de solution s’offre à nous. C’est une chance ! Du coup, première solution : ils viennent d’un lieu situé plus à l’Ouest, mais, pour le coup, on se retrouve le long du littoral atlantique. Ou alors ils sont arrivés par le Sud. Je pense à Gibraltar, et, pourquoi pas, peut-être ont-ils traversé le détroit, venant de l’Afrique ? Une autre solution est possible, mais du coup, elle ne prend pas en compte tous les éléments de Jessica : se peut-il qu’ils arrivent de l’Est, c’est-à-dire de la méditerranée ? Renchéris Dan.

— En effet, ta dernière remarque ne semble pas cohérente. Par contre, les deux premières hypothèses restent tout à fait possible, et j’y avais déjà pensé. En tout cas, la question reste ouverte. Mais le but n’est pas d’ élaborer des hypothèses trop poussées pour le moment. On partirait trop dans tous les sens, et cela risque de perturber le travail d’accompagnement que je réalise avec Jess. Pour conclure temporairement sur la question, et en l’état actuel de nos connaissances, le seul élément que nous avons, c’est qu’ils sont partis du sud de l’Espagne.

— Du coup, que vont-ils décider maintenant qu’ils se sont arrêtés en Andalousie ?

— Jess m’a spécifié que cette pause n’était que provisoire, car ils sont déjà repartis pour une bonne majorité d’entre eux. Ils ont repris leur route, à pied, pour la plupart.

— Mais pourquoi marcher si la mer méditerranée se trouve devant leurs yeux ?

— Jess n’a pas vu de bateaux. On ne sait même pas s’ils sont capables d’en créer. Pourtant, une fois, il est vrai, elle m’a rapporté que quelques individus ont pu prendre la mer, et qu’ils ont navigué sur cette mer.

— Elle t’a dit vers quel endroit ?

— Elle m’a juste dit, une seule fois, qu’ils sont partis vers la Corse et la Sardaigne. Mais ce n’est pas un des groupes qu’elle suit en vision. Ces groupes, ils ont entrepris leur périple exclusivement à pied.

— Ils ont vraisemblablement pris la route pour se rendre vers l’Est. Mais pour l’instant, ils doivent se résoudre à remonter vers le Nord, toujours en longeant le littoral.

— Oui, c’est tout à fait possible.

— Ils rejoignent la France. Inévitablement, il est certain qu’ils vont passer ici.

— Jess t’a précisé depuis combien de temps ce groupe a repris son périple ?

— Oui. Ça fait plusieurs jours maintenant.

***

Au même moment, Alexandra, la femme de Jack, lui exprime le souhait de prendre quelques jours de vacances. Leur dernier séjour remonte à si longtemps qu’elle ressent le besoin d’une pause salvatrice, en famille. En galant homme, Jack lui laisse libre choix de la destination, en l’avertissant de leur budget plutôt serré. Très vite, Alexandra porte son dévolu sur une région française qu’ils n’ont jamais visitée : l’Auvergne. Son choix se porte essentiellement sur le département du Puy-de-Dôme et les volcans d’Auvergne, et propose une escapade à suivre au Mont-Dore.

Pour préparer la feuille de route, Jack se dirige vers le coin gauche de la bibliothèque. À cet endroit se situe plusieurs dizaines de cartes, éditées par l’Institut Géographique National. Toutes sont remarquablement bien rangées et pliées, et Jack a pris soin de les classer par continent, puis par pays. Rien que pour la France, il en possède de plusieurs régions. Il en a même plusieurs exemplaires qui cartographient l’Europe, reliquats d’autres recherches effectuées précédentes. Quoi qu’il en soit, il trouve rapidement la carte appropriée et il s’empresse de la déplier sur la table située près de son ordinateur.

Jack localise d’un coup d’œil leur destination, puis il part s’asseoir devant son ordinateur, et lance une requête pour connaître le meilleur trajet pour s’y rendre. Le résultat apparaît en quelques secondes – la magie de notre société moderne – et, les yeux fixés à nouveau sur la carte, Jack examine les villes parcourues. Parmi elles, il reconnaît un nom, qui résonne en lui comme un lointain souvenir : Lussac-Les-Châteaux.

A SUIVRE

Comprendre les mystères qui nous entourent